Vie censurée - partie2
Ils étaient tous là, autour de la table de réunion. À l'entendre. Il savait qu’il était pâle, figé dans son tailleur bleu marine qui n’allait pas avec ses yeux, il sentait ses aisselles s'humidifier, sa langue qui s'asséchait comme à chaque fois qu’il devait prendre la parole en public. Pourtant, il devrait y être habitué. Mais, Timidité Compulsive, peur du jugement des autres. À l'école, déjà, c'était pareil. La perspective d'un exposé oral le paralysait. Mais il trouvait toujours une excuse imparable pour y échapper. Une tante décédée, une petite cousine leucémique, son immeuble détruit par une explosion au gaz. Ils étaient tous là à l’entendre, il savait qu’il courrait le risque de se faire exiler, mais rien ne pouvait l’empêcher d’étaler ses idées et d’argumenter ses croyances.
Le jugement fut terrible, par unanimité le conseil des juges le condamna, à l’exile, à l’emprisonnement à vie dans l’asile des 1000 maudits, et, au châtiment du miroir, qui était supposer être l’argument de la société face à ce qu’il avance, le miroir lui fera découvrir ce qu’est le temps se que sont les rides qui apparaissent sur le front et ce que est une barbe blanche due à l’usure du temps. Mais pour lui se fut un jour de joie et de liesse, il avait la certitude que son raisonnement fut très convaincant, sinon pourquoi l’avoir exilé.
Des jours passèrent, des mois passèrent, une année, deux, trois, quatre ou cinq, il perdit l’envie et la capacité de se souvenir de la date, il savait que rien ne le fera sortir de son troue, alors il décida d’explorer le néant afin de trouver et de définir les autres dimensions de l’évolution de la vie. Désormais il attendait impatiemment la seringue qui venait le réanimer et faisait renaître en lui de la force pour continuer sa recherche. Tels les deux premiers tafs d’une herbe de bonne qualité, la seringue le jeta dans un profond délire interne, le poussant à l’extrême, à l’ivresse, au bout du chemin.
Drôle de destin pour quelqu’un qui a osé défier dieu, est-ce un châtiment divin ? Ou une suite logique et raisonnable de l’évolution de son entourage ? Il rêvait de son enfance, de sa vie, de ses souvenirs, d’elle. De son amour de vie du premier regard, de sa première nuit d’amour. Il relisait chaque livre qu’il avait lu dans sa vie antérieure, allant de page en page, et en se rappelant de là ou il a interrompue sa lecture la fois d’avant. En réalité ne serait ce pas ça l’existence qu’il aspirait avoir, être seul et pouvoir réfléchir à la vie, sans censure. Certes je le vois dans une situation semblable à celle de Tom Hanks dans « seul au monde », il doit survivre et chercher un moyen de s’en sortir et de retrouver la société, et surtout de la retrouver elle son amour de vie. Mais rien de tel ne fut, il était là allonger sur le lit, ou, se regardant dans le miroir, en essayant de trouver des réponses, et a perfectionner sa théorie.
Au bout de vingt-huit longues années de souffrances, il mourut, son corps ne pouvait plus supporter la maléfique seringue, le froid atroce qui régnait dans la chambre, et l’odeur suffocante qui envoilée la pièce. Il emmena avec lui sa théorie qui devint tout comme lui de la matière première, pour d’autres réactions chimiques dans le cycle interminable de la vie.